Après avoir financé seul la mairie inaugurée en 1862, Ernest FORTIER dirigea Villiers près de 20 ans avant de quitter la région, ruiné.
Le 31 août 1862 était inaugurée la nouvelle mairie de notre commune.
Sa construction est due uniquement à la générosité d’un de nos concitoyens : ce qui est en France un cas rarissime, voire totalement unique ! Les contribuables de l’époque n’ont pas eu à participer aux frais de cette construction neuve ! Un seul habitant l’a fait à leur place et a investi la somme considérable de 24 500 francs dans cette opération.
Il avait commencé sa carrière politique en étant simple conseiller municipal en 1858, puis maire en 1865, 3 ans après l’inauguration. Il gère la période de la guerre de 1870. Il est à l’origine de la reconstruction en 1872 du pont en bois sur le Loir détruit pendant la guerre.
Il a survécu à la chute de Napoléon III, même s’il est révoqué le 30 juillet 1873 par Mac MAHON pour abus de pouvoir dans le cadre de l’annulation de l’élection d’Alexandre STERLIN. Cependant, il retrouvera son mandat et le conservera jusqu’en 1882 au moment où les clivages politiques deviennent féroces. Mal réélu par 6 voix seulement, il refuse le poste de maire et ouvre une crise de succession qui dure toute l’année, laissant Villiers sans maire officiel. On devine que derrière cette crise racontée en détails par Henri MÉSANGE dans son livre, se cachent de furieuses divergences et oppositions politiques ou de personnes à même de décourager un homme aussi généreux que FORTIER.
Il est néanmoins encore conseiller municipal de Villiers entre 1882 et 1888, mais en même temps conseiller général de Selommes élu en 1880. Il finit par quitter la région vers 1890, ruiné, pour aller terminer ses jours à Montpellier en 1893 en qualité d’entreposeur des tabacs. Ce n’est certainement pas sans regrets et amertume qu’il abandonna notre Vendômois : il y avait fondé sa famille en épousant la belle-fille du Directeur du Moulin à papier de Naveil. Ce fut d’ailleurs lui qui inaugura la nouvelle mairie en 1862 pour ce beau mariage : on imagine aisément sa joie de riche notable, heureux de la belle réalisation qu’il venait d’offrir à ce village de vignerons reconnaissants qui allaient le laisser à la tête de la commune près de 20 ans !
Quoiqu’il en soit, il nous aura laissé un bel édifice, d’une forme architecturale bien classique avant d’être orné ou défiguré (à vous de choisir !) en 1905 par l’adjonction d’un campanile imposant et quelque peu écrasant avec son énorme cadran. C’était le temps des querelles de cloches entre maire et curé… mais cela est une autre histoire !
